« Si vous voulez emprisonner quelqu’un, (…) pensez à Barney Frank et Chris Dodd » Newt Gingrich, candidat à la présidentielle
Le Dodd-Frank Act est une réforme financière vieille d’un an, crée par l’administration de Barack Obama et qui vise à rendre les opérations des banques plus transparentes. En outre, la réforme a pour but d’amoindrir la dominance des « méga banques », celles qualifiées – depuis le sauvetage de Goldman Sachs en 2008 – de « too big too fail » (Trop grandes pour s’effondrer). Cela s’opère concrètement par la mise en vigueur de nouvelles normes : besoin en capitaux accrus, hausse de la compétitivité des banques municipales ou encore taxation sévère sur le trading de produits risqués.
Suite à la crise financière, Le Dodd-Frank Act s’ajoute à la mutation des réglementations bancaires et financières Bâle II et Solvency I qui gagnent tous deux un chiffre Romain[1]. Etrange constatation ici : Bâle III et le Dodd-Frank Act se contredisent sur plusieurs points dont le seuil minimal des besoins en capitaux des banques et l’influence des agences de notation (Fitch, Moody’s S&P) sur ce seuil ; ces deux normes étant plus élevés pour Bâle III.
La faillite du gros acteur financier MF Global qui a amené au grand jour un trou de 600 millions de dollars de dépôts des clients de la banque il y a deux semaines propulse à nouveau le Dodd-Frank en première page. L’absence de supervision et réglementation de MF Global amènent à se questionner sur l’efficacité des réformes et les mois de discussions qu’elles entraînent. La réforme a été votée au Congrès il y a un an. Seules 74 des 400 règles prévues initialement ont été appliquées par les banques.
Mais ce n’est pas uniquement la lenteur avec laquelle s’installent les nouveaux cadres réglementaires qui nous amène à évoquer le Dodd-Frank aujourd’hui. Conter l’histoire du Dodd-Frank sans mentionner sa contribution à la ferveur des débats entre républicains et démocrates ne serait pas lui rendre justice. En effet, le Dodd-Frank a été extrêmement médiatisé suite à la phrase mythique prononcée il y a quelques semaines par le candidat républicain à la présidentielle Américaine de 2012, Newt Gingrich :
« Si vous voulez emprisonner quelqu’un, (…) pensez à Barney Frank et Chris Dodd »
L’intégralité des candidats républicains à la présidentielle s’est opposée informellement à la réforme, mais seul Newt Gingrich en a concrètement dénoncé les effets incertains dans un communiqué de plus de 900 pages. Le candidat prôneur de la dérégulation juge que les besoins en capitaux des banques sont trop élevés pour optimiser leur fonctionnement et que l’accumulation de réformes tue les banques municipales à petit feu. La proclamation de Mr Gingrich et son combat contre ce qu’il nomme la « dépression Obama » a déchainé les médias et le camps opposé. Les dernières interprétations de la déclaration enflammée de Newt Gingrich semblent affirmer qu’il souhaite enfermer tous les démocrates.
Quoi qu’il en soit, les discussions réelles sur les réglementations bancaires et financières restent stériles et nous sommes encore loin de Novembre 2012. En ces temps de cris, il faudra s’inventer une patience avant de percevoir l’ombre d’un consensus au sujet de la protection des consommateurs.
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Frank and Dodd’s return for 2012
« If you want to put people in jail (…) let’s look at Barney Frank and Chris Dodd » Newt Gingrich, running for President
The Dodd-Frank Act is a year old financial reform created by President Obama’s Administration and that aims to enhance the visibility of financial operations undertaken by banks. Moreover, the reform’s goal is to mitigate the domination of « mega banks », those qualified – since the bail out plan of Goldman Sachs in 2008 – as too big to fails. This is concretely done by the implementation of new norms: higher capital requirement, enhancement of municipal banks’ competition or greater taxes on risky products.
After the Financial crisis, the Dodd-Frank Act is added to the mutation of existing financial regulations Basel II and Solvency I – which have each gained a roman letter in the process. Strange fact here: Basel III and the Dodd Frank Act are contradictory in their capital threshold as well as the influence of rating agencies (Fitch, Moody’s S&P) on that threshold. Both norms are higher in Basel III than in Dodd-Frank.
The recent bankruptcy of big financial player MF Global, which revealed a hole of $600m of clients’ money two weeks ago, has brought back the Dodd-Franck on the front page. The lack of supervision and regulation of MF Global has triggered a serious questioning on whether the reforms and months of negotiation are efficient.
It’s not only the sluggish implementation of new regulatory frameworks that motivates us to talk about the Dodd-Frank Act today. To tell the story of the Dodd-Frank without mentioning its high contribution to recent debates between Republicans and Democrats wouldn’t serve it well. Indeed the Dodd-Frank has been extremely publicized following the words of Republican candidate Newt Gingrich:
« If you want to put people in jail, (…) let’s look at Barney Frank and Chris Dodd »
Republican candidates have criticized the reform, but Newt Gingrich went one step ahead when he assessed the uncertain effects of the Act in a 900-page communiqué. The candidate advocates deregulation and believes capital requirements are too high to keep their activity afloat. He also believes that the accumulation of reforms is killing municipal banks. The words of Newt Gingrich and his fight against what he calls the « Obama depression » has awakened appalled media groups and Democrats.
Bottom line: all this fuss is clearly enhancing the fact that debates over banking regulations are sterile and will probably remain so until November 2012. In times of crisis, we’ll have to find a way to be patient to see a glimpse of hope that leaders will come to a consensus with regard to consumer protection.
[1] Basel III, Solvency II and the Dodd Frank are regulatory frameworks for banks to make sure they maintain a minimum capital threshold in order to address risks of illiquidity and bankruptcy.
[1] Bâle III, Solvency II et le Dodd Frank Act sont des cadres réglementaires imposées aux banques afin qu’elles maintiennent un seuil minimum de capital pour faire face aux risques d’un ralentissement économique ou d’une crise.